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Théâtre : Nouvelles scènes d'amérique du sud

Théâtre : Nouvelles scènes d'amérique du sud

17/03/2017

Montpellier :: Nimes :: Perpignan

La Vignette présente 2 pièces sur la même soirée. "Yo maté a Pinochet" et "Acceso". Du théâtre chilien engagé, sans auto-censure.
A dévouvrir du 22 au 23 Mars - Places en vente à 5€/spectacle.

"Yo maté a Pinochet" de Cristian Flores:
« J'ai toujours considéré le théâtre comme un exercice politique. L'intérêt artistique, je ne l'ai découvert qu'après. » / Christian Flores

Il le proclame et le revendique : « Yo maté a Pinochet (trad. J'ai tué Pinochet) ». L'auteur de cette fausse déclaration est un ancien combattant d'un groupe révolutionnaire, il s'appelle Manolo. Son aveu est l'ultime moyen de survie d'un homme confronté à l'impossibilité de concilier ce qui aurait dû être avec ce qui est au Chili. Le fantasme de l'assassinat du dictateur et l'autofiction qui l'entoure mettent en perspective les échecs des opposants à Pinochet et l'étendue des répercussions de sa gouvernance dictatoriale sur le pays d'hier à aujourd'hui.
Cristian Flores vient au plateau depuis la salle tout en poussant son vélo dont il s'emploiera à réparer la roue crevée dans un parallélisme saisissant avec la vocation réparatrice de son affabulation.
Il mitraille une parole enfiévrée qui nous entraîne dans une lecture tout aussi fébrile, le texte défilant à un rythme soutenu.
Avec Alfredo Basaure à la mise en scène, il expose les plaies restées ouvertes d'un Chili meurtri par le déploiement d'un théâtre à la fois populaire et politique. Pour enterré qu'il soit, et si Pinochet restait encore à tuer ?

"Acceso" de Pablo Larrain : Présentation
« Ce qui me plaît tout particulièrement au théâtre est le vertige de la représentation : 55 minutes durant lesquelles un type comme Roberto Farias se métamorphose en scène. Incomparable !" Pablo Larraín

Seul en scène, Sandokan déploie une parole qui ne connait aucune auto-censure. De son enfance impunément violée par des prêtres pédophiles officiant dans les centres pour mineurs à la dureté de son quotidien dans la rue sur fond d'inégalités en Amérique latine, il ne passe rien sous silence.
Déambulant dans les allées de la ville et des bus de Santiago, il vend diverses babioles pour gagner sa vie tout en dégainant une parole sans filtre. Passer inaperçu, très peu pour lui.
C'est même tout le contraire. Il contamine de sa présence l'espace aussi bien public que scénique, les envahit de ses mots. Et Roberto Farías, qui l'interprète, de désaseptiser ainsi la relation scène-salle.
Difficile dans ses conditions de rester indifférent et de ne pas remettre en cause sa passivité. La proximité humaine propre au théâtre exacerbe ces enjeux relationnels et affirme la pertinence du développement sur les planches de ce personnage extrait de son film El Club auquel Pablo Larraín offre un prolongement scénique avec cet Acceso.

 

"Yo maté a Pinochet"
Mar.22 et Merc.23 mars à 19h15
"Acceso"
Mar.22 et Merc.23 Mars à 21h

Place en vente à 5€ par spectacle.